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page 6 TPE XXE
page 7 TPE Conclusion
Le XVIème siècle est associé à la "renaissance" de la culture et à la "naissance" de l'esprit moderne, par opposition au Moyen Age, longue période ténébreuse, dont le respect excessif pour la tradition gêne toute évolution.
Au XVIème siècle, l'univers intellectuel est forcé de s'ouvrir à d'autres modes de pensée, à la suite tout d'abord de la chute de Constantinople, en 1453, qui fait pénétrer tout un pan de la culture orientale en Europe occidentale, et ensuite par la découverte de nouveaux continents, comme l'Amérique par Colomb, le détroit de Magellan ou encore le Canada par Cartier, qui permet l'expansion maritime et ainsi l'ouverture au Monde. Une soif de connaissances se fait alors sentir, l'humaniste mettant l'Homme au centre de toutes les
considérations dans un souci de libération de l'esprit, de réveil des consciences et de recherche de la vérité. En astronomie, Copernic découvre en 1543 que ni l'homme ni la Terre ne sont au centre de l'Univers, et instaure ainsi le système héliocentrique. C'est aussi le début de l'anatomie. Léonard de Vinci inscrit l'Homme, à travers son schéma des proportions humaines, dans un idéal physique correspondant à un idéal intellectuel. L'imprimerie permet également de répandre le connaissances des civilisations antiques et présentes, pour un homme de culture et d'esprit critique soucieux de confronter son savoir avec celui des autres. Enfin, les humanistes veulent vivre leur foi travers une religion simple, plus authentique et s'appuyant sur les textes fondateurs : c'est la Réforme protestante de Luther et Calvin, qui prône un christianisme ouvert et tolérant. Malgré les Guerres de Religion, l'Humanisme affirme avec optimisme sa foi en I'Homme, ses capacités à maîtriser de mieux en mieux un monde harmonieux où il puisse être épanoui et heureux.
C'est en 1516 que Thomas More publie son Utopie, terme qu'il invente et qui signifie littéralement "pays de nulle part". La première partie de son uvre est une critique de l'Angleterre du début du XVIème siècle, où règnent le paraître et la vanité, la corruption, l'inflation, un état de prolétariat misérable et un abus de pouvoir des monarques absolus. La seconde partie du livre dépeint le pays d'Utopie, une île imaginaire où il n'y a ni guerres, ni misère, ni injustice. Les vertus d'Utopie correspondant aux vices de l'Angleterre, More présente donc une cité conforme à la raison. Bien évidemment, Thomas More n'espère nullement la réalisation de son Utopie, mais il y développe l'une des fonctions essentielle: de la pensée utopiste, qui est de concevoir un idéal politique à partir duquel il est possible de juger et de critiquer la politique réelle voire même de tendre vers cet idéal politique et social.
Thomas More s'adonne à une description de la ville idéale, une ville parfaite autant dans l'organisation
spatiale que dans la vie sociale des Utopiens; les rues sont bien
dessinées, les constructions ont bonne apparence, l'environnement
est paisible et agréable à voir, More étant
convaincu du triomphe de la rigueur et de la rectitude morale sur
le mal. Il pense également que la famille est le fondement
de la société, et par conséquent les Utopiens
vivent sans droit de propriété. Au règne du
principe individualiste, qui triomphe parmi les hommes, les Utopiens
ont substitué une loi de communauté qui constitue
la base de leur existence éthique et politique. Enfin, Thomas
More insiste sur la présence des jardins : l'homme est conditionné
pour être dans la Nature, et les Utopiens vivent dans l'abondance
et l'harmonie en cultivant leur terre fertile. Le bonheur règne
donc dans cette île imaginaire où l'homme vit en liberté et selon le respect de la vertu.
Pour les habitants de l'île Utopie, le bonheur se confond
avec la vertu, et la vertu est conforme à la nature : le
bonheur est donc propre à la nature de l'homme. Pour atteindre
son bonheur, l'homme doit mener une vie raisonnable dans un "plaisir
droit et honnête", puisque Thomas More est un humaniste
et qu'il refuse la déraison qui menace la terre.
Les Utopiens vivent également dans une optique de solidarité
: l'homme doit apporter aide et consolation à son prochain
par usage de la vertu. Vivant en communauté, il faut renoncer
au profit personnel qui ne serait que des pertes pour autrui, et
uvrer au bonheur collectif pour permettre à l'humanité d'exister et de prendre tout son sens.