En 1828, une occasion inespérée va se présenter à lui : l'ancien couvent des capucins, rue d'Antrain est mis en vente par suite de la faillite de son propriétaire, le sieur Charles Boulanger qui avait installé une fabrique de chapeaux en ce lieu. Les Pères Blanchard et Louïs décident d'acquérir cette propriété et le contrat est passé au nom du Père Louïs qui le paie de ses propres deniers pour la somme de 50.000 Fr.
Mais les locaux de l'ancien couvent devenu atelier sont en très mauvais état et totalement inadaptés à leur nouvelle destination. Les travaux entrepris en réparations et aménagements coûtent plus de 100 000 Fr.
A la rentrée des classes de 1829, la division des grands quitte le Pont Saint-Martin et vient s'installer rue d'Antrain sous la responsabilité du Père Louïs. Le Père Blanchard reste dans son ancienne maison avec la division des petits jusqu'à la fin de l'année scolaire (1831).
La nouvelle maison est nommée l'Institution Saint-Martin pour rappeler à la fois le premier local du Pont Saint-Martin et l'église paroissiale Saint-Martin des Vignes qui était voisine du couvent avant d'être détruite pendant la Révolution. Mais elle conserve longtemps l'appellation de Pension Louïs ou de Maison des Capucins. Elle ne tarde pas à devenir florissante et garde encore le cachet de petit séminaire qu'avait l'établissement du Pont Saint-Martin. Durant plus de 60 ans, sans rien coûter au diocèse, elle lui procure, chaque année, de nombreux grands séminaristes.
Mais le temps s'assombrit à nouveau : en juillet 1830 éclate une autre révolution. Le duc d'Orléans, Louis-Philippe, est proclamé roi des Français et Charles X est contraint de quitter son royaume.
Ces événements donnent au Père Blanchard déjà très affaibli, un coup terrible auquel il ne va pas survivre longtemps. A la fin du mois d'août, il est remplacé comme recteur d'Académie. Mal remis d'une grave maladie, il fait une rechute mortelle qui l'emporte le 14 septembre 1830. Il était âgé de 75 ans.
L'urne contenant son coeur est scellée dans le mur près de l'autel dédié à Saint Théophile dans la chapelle de l'actuel lycée Saint-Martin, ses cendres reposent dans le cimetière des pères Eudistes à la Roche-du-Theil près de Redon.
Le Père Louïs (du nom de son père) de la Morinière (du nom de sa mère) succède au Père Blanchard. Une des premières décisions du
nouveau supérieur est de transférer, à la
rentrée des classes de 1831, la division des petits, jusque-là restée au Pont Saint-Martin, dans la maison de la rue d'Antrain. Malgré la précarité de ses installations
- on s'éclaire la nuit à la chandelle de suif ou de résine -, l'Institution Saint-Martin accueille une centaine de pensionnaires. A l'exemple du Père Blanchard, le Père Louïs sait stimuler les jeunes gens et
leur inspirer l'amour du travail. Aussi les élèves de la pension Saint-Martin continuent-ils à obtenir les premières places au collège Royal et la bonne réputation de la maison ne se dément jamais sous son administration.
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