En 1838 est fondé le collège Saint-Sauveur à Redon dans les bâtiments de l'ancienne abbaye, sous la responsabilité des pères Eudistes.
En 1842 à Rennes le collège Saint-Vincent voit le jour sous la responsabilité du clergé diocésain. C'est le début d'une longue émulation, parfois conflictuelle, entre les deux établissements : Saint-Martin et Saint-Vincent. Quoi qu'il en soit, le Père Louïs de la Morinière, frappé, comme on disait à l'époque, d'une attaque d'apoplexie, meurt le 18 janvier 1849.
Le Père F.P. Delanoë, le constructeur de Saint-Martin
Le Père Divet lui succède jusqu'à la nomination à Pâques de la même année du P. François Pierre Delanoë qui va rester 26 ans à la tête de l'Institution. Né à Antrain-sur-Couesnon dans une famille de cultivateurs en 1807, il est préfet de discipline à Saint-Sauveur de Redon quand il est appelé à prendre en main la conduite de Saint-Martin.
Un élève du temps esquisse ainsi sa silhouette et sa personnalité:
" Grand, droit comme un jonc, le visage sévère, mais surtout austère et digne, c'était un maître juste. " Si le Père Blanchard secondé puis continué par le Père Louïs peut être considéré à juste titre, comme le fondateur de Saint-Martin, celui d'aujourd'hui et celui de demain, le Père Delanoë en est assurément le premier constructeur.
Voici ce qu'écrit au sujet de son oeuvre de bâtisseur "le Carillon" paru en avril 1941.
" Comment redire ce que fut le Père Delanoë à Saint-Martin, tout le bien spirituel et matériel qu'il y fit pendant les 26 ans et demi de son supériorat ? La réponse est dans les paroles, aussi élogieuses que vraies, adressées au cinquantenaire du bon Père en septembre 1886 par le docteur Régnault, président de l'Union Catholique des Anciens élèves :
" Ici, bon Père, dans cette maison et dans cette assemblée, il est impossible de ne pas se rappeler que tout ce que nous voyons est votre oeuvre. Lorsque pour la première fois, vous êtes venu enseigner à Saint-Martin, et même lorsque vous avez pris, il y a maintenant trente ans, le gouvernement de ce beau collège, la vieille maison condamnée par l'édilité rennaise tombait en ruines. C'est vous qui l'avez reconstruite tout entière ; c'est vous qui avez bâti cette admirable chapelle, qui tout à l'heure retentissait de vos cantiques d'actions de grâces".
Le Père Delanoë va être aidé dans sa tâche de constructeur par "un modeste, le Père François Gottineau, originaire de Trans, au diocèse de Nantes ", qui pendant vingt-quatre ans va tenir les cordons de la bourse du collège, " palpant toujours son magot en banque pour le faire pelotonner " comme l'écrit le Père Jégo, l'historien de Saint-Martin.
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